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Blog-Gil-savoie

RATTACHEMENT DE LA SAVOIE

Bref rappel historique

 

 

Le rattachement de la Savoie et Nice à la France, sous le Second Empire, est plus un épisode
de l’unité italienne que le résultat de la volonté et de l’action prépondérante des habitants.
Le rattachement de la Savoie à la France se fait en quatre étapes.

1. Le Piémont veut unifier l’Italie

Après l’échec des révolutions de 1848, l’Italie demeure divisée en huit Etats. Les régions de Venise et de Milan sont sous la domination autrichienne.
Le royaume de Piémont-Sardaigne est le plus industrialisé des Etats italiens. A la différence des autres souverains de la péninsule, qui exercent un pouvoir absolu, le roi de Piémont, Victor-Emmanuel II respecte une Constitution.

En 1852, Victor-Emmanuel II nomme un Premier Ministre libéral, Cavour.
Celui-ci poursuit la modernisation du Piémont et se donne comme objectif de réaliser l’unité italienne.

Victor-Emmanuel II et Cavour recherchent l’alliance avec la France. Le 20 juillet 1858, Cavour et l’empereur des Français Napoléon III se rencontrent dans les Vosges à Pomblières : au cours de cette entrevue secrète, la France accorde son aide pour la guerre contre l’Autriche. Elle recevrait Nice et la Savoie.
Avec l’appui des troupes françaises, Cavour réussit à chasser les Autrichiens de Lombardie (région de Milan) grâce aux victoires de Magenta et Solférino en juin 1859. La Lombardie est ensuite annexée par le Piémont.
Un Genevois, Henri Dunant, témoin de la bataille très meurtrière de Solférino, fonde la Croix Rouge Internationale
pour secourir les victimes des guerres et des catastrophes.
En janvier 1860, les Etats d’Italie centrale votent leur rattachement au Piémont.
Ils cèdent alors la Savoie et Nice à la France (le Piémont avait besoin de l’accord de la France pour annexer les derniers Etats italiens).
En mai 1860, Garibaldi, un ardent patriote italien, débarque en Sicile puis en Italie du Sud à la tête d’une armée de volontaires et contraint le roi des Deux-Siciles à l’exil (“expédition des Mille”). Les régions du Sud sont à leur tour rattachées au Piémont.
En 1861, Victor-Emmanuel II est proclamé roi d’Italie.

2. Le traité de Turin cède la Savoie et Nice à la France, 24 mars 1860

Depuis le début de 1860, des notables, conservateurs et libéraux, s’unissent pour réclamer le rattachement de la Savoie à la France. Les principaux leaders sont Amédée Greyfié de Bellecombe, Pantaléon Costa de Beauregard, Joseph Jacquier-Châtrier....
Le 21 mars, une délégation savoisienne est reçue par Napoléon III et l’Impératrice aux Tuileries (crainte d’un démembrement de la Savoie du Nord au profit de la Suisse).
Le 24 mars 1860, l’union de la Savoie à la France est décrétée par le traité de Turin. Dans les trois premiers articles, plusieurs points sont à souligner :
- il est question de réunion et non d’annexion ; pour cela on demandera l’assentiment de la population,
- pour rassurer la Suisse, la zone de neutralité instituée par le Congrès de Vienne en 1815 sera maintenue,
- une Commission mixte fixera les frontières exactes en tenant compte à la fois du relief des sommets alpins et des possibilités de la défense entre la Savoie et le Piémont.

3. La préparation du plébiscite et le vote des 22 et 23 avril 1860

1er avril 1860 : le roi Victor-Emmanuel II délie ses sujets de Savoie du serment de
fidélité et leur annonce la tenue d’un référendum sur la question suivante : “la Savoie veut-elle être réunie à la France ?”.
Les conditions pour pouvoir voter : être un homme âgé de plus de 21 ans, être né en Savoie ou de parents savoyards, habiter la commune depuis plus de 6 mois et ne pas avoir été condamné.
Tout est alors organisé pour que le plébiscite soit favorable à la France : des notables
savoyards remplacent les fonctionnaires sardes, certains syndics jugés trop favorables au Piémont ou à la Suisse sont remplacés.
Devant le risque de démembrement de la Savoie du Nord (rattachement avec la Suisse) les deux partis, conservateurs et libéraux, forment des comités mixtes et travaillent de concert à assurer le succès du vote.
En parallèle, le gouvernement français envoie des propagandistes, dont le sénateur Laity en
Savoie. Du 4 au 21 avril 1860, il parcourt la Savoie, accompagné d’un groupe d’ingénieurs qui se rendent compte des besoins du pays et dressent les plans des travaux à exécuter.
Après Nice (le 15 avril), la Savoie vote les 22 et 23 avril 1860.
On orchestre bien la cérémonie du vote. A l’église, les drapeaux français sont bénis, et après la messe, se forme le cortège ayant à sa tête le curé et le syndic pour se rendre sur le lieu du vote. Dans un
bon nombre de communes, les bulletins “non” sont camouflés (en Maurienne, ils n’ont pas été
imprimés).
Les résultats sont proclamés le 29 avril : sur 135 449 inscrits, 130 533 oui, 235 non et 71 nuls.

4. La ratification du plébiscite et la remise de la Savoie à la France, juin 1860
Le 29 mai, la Chambre des Députés de Turin ratifie le plébiscite. Le 12 juin à Paris, c’est au tour de la Chambre des Députés qui le ratifie à l’unanimité.
Le 14 juin au château de Chambéry est signé le procès-verbal de la remise de la Savoie à
la France par les représentants piémontais (Bianchi di Castagne) et français (Laity).
Cette signature est suivie de manifestations officielles les 16 et 17 juin 1860 : tirs de boîte, Te Deum, réceptions et dîners.
Voyage du couple impérial du 27 août au 7 septembre 1860 en Savoie et Haute-Savoie :
Chambéry, Aix-les-Bains, Annecy, La Roche-sur-Foron, Thonon et Evian, Chamonix (excursion à la mer de Glace), Bonneville, Chambéry.

 


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